De plus en plus Clair… ;-)
Ouf! Comme c’est exigeant d’écrire, de faire un retour réflexif sur de nouveaux apprentissages… et pourtant, en plus de me permettre de partager mes prises de conscience, ce geste m’aidera à mettre des mots sur ma démarche, à «rendre visible l’invisible», comme le dit si bien Britt-Mari Barth.

Tout d’abord, j’ai été frappée par le virage «pédagogique» de colloque Clair2011. J’ai senti une effervescence encore plus grande que l’an dernier, et cette passion était non seulement technologique, mais de plus en plus pédagogique. Plus de tweets, plus d’action dans l’école (l’école était ouverte!), plus de liens, plus de réseautage, plus de conférences, plus de convivialité entre les participants. Bref, une atmosphère fébrile…

J’arrivais cette année avec de nouvelles questions, plus précises, plus spécifiques. Une grande question qui demeure (parmi tant d’autres!), comment amener les réticents à s’ouvrir aux nouvelles technologies? Par où commencer? Durant le trajet de retour, j’ai eu l’occasion de discuter avec mon collègue @jeandore et nous avons réfléchi sur les raisons qui, au départ, nous avaient amenés à changer notre perception ou, à tout le moins, à entamer une réflexion continue sur ce nouveau monde qui nous entoure, sur ce nouveau rapport à l’information qui bouleverse nos vieilles habitudes. Pourquoi donc sommes-nous convaincus de l’apport des TIC? Quel chemin avons-nous parcouru pour en arriver à cette ouverture, à cette audace?
D’une part, nous avons exploré les nombreuses possibilités technologiques pour notre travail ou pour notre simple plaisir (outils de création, web 2.0, réseaux sociaux, communauté virtuelle apprenante, etc.) et d’autre part, nous avons pris conscience de l’inévitable dans nos écoles, il faut que ça change… L’école ne répond plus qu’en partie aux besoins des jeunes d’aujourd’hui. Triste constat, mais défi de taille pour tous les engagés! Et si la voie de l’avenir passe par la généralité et non par l’exception, comment conscientiser un plus grand nombre? En priorisant l’affectif? Le pragmatique? Devrait-on tendre vers l’appropriation des outils technologiques ou la réflexion sur la pratique?

Au lendemain de Clair2011, j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Sébastien Paquet, et ma réflexion se poursuit de plus belle. Dans le cadre d’un projet-pilote à l’école de @jeandore, nous accompagnons les enseignants dans une appropriation des TIC en classe. À ses dires, nous devrions viser la réflexion pour tous, et différencier nos interventions en ce qui a trait à l’application. Par exemple, démarrer des cercles de formation sans toutefois se radicaliser. Je retiens donc que tout le monde doit être convié à l’intelligence collective, et ce, une personne à la fois! Et qu’il faut s’adresser à l’intelligence des gens…

Des quatre conférences, toutes plus stimulantes les unes que les autres, je retiens :
François Guité: Quelle façon éloquente de décrire l’époque dans laquelle nous évoluons! J’ai adoré ce regard percutant sur le nouveau rapport aux savoirs dont nous ne pouvons plus faire fi. Une réflexion bien documentée qui ne peut que nous encourager à faire le pas.
Daniel Pereya: Dans cet exposé somme toute assez théorique, j’ai retenu qu’un enseignant idéal est un expert dans sa discipline doublé d’un expert en pédagogie. J’ai adoré l’image du technopédagogue qui marche sur ses deux jambes (plutôt que d’en utiliser une seule!) et que dire de l’expression «J’ai été complètement scotché!» que je retiendrai pour colorer mes propos… Et je prends également bonne note de recettes traditionnelles suisses et belges!
Sébastien Paquet: Un concept qui m’a séduite, la cybermobilisation, qui constitue un avantage des médias sociaux en plus de permettre l’accès à une information non filtrée, non contrôlée. Une autre phrase, «Donnons aux élèves la chance de nous épater!» m’a renversée. La démonstration des window farms était pertinente. L’innovation est donc un vecteur de changement à ne pas négliger!
Laurence Juin: D’un naturel renversant, la présentation de Laurence m’a plu dès le début. Elle a beaucoup insisté sur la création en classe et sur le plaisir d’écrire. Elle trouve qu’il importe de mettre en valeur les écrits des élèves et expérimente twitter en classe avec eux. Tous profitent alors de communications synchrones et asynchrones et du coup, la classe est élargie. Les élèves timides s’expriment davantage, consultent des sites déposés sur twitter par leur enseignante, sont plus motivés à écrire… Elle crée ainsi un réseau de communication et prolonge le temps d’apprentissage. Elle nous convie à bâtir avec les élèves un concept d’identité numérique positive, à tirer profit de leurs traces, à remettre en cause notre pédagogie!

L’idée de proposer quatre conférences était excellente.

Une autre grande question demeure toutefois, et comme en éducation on doit souvent fournir des garanties avant même d’explorer une avenue prometteuse, nous sommes souvent tributaires ce cette pression sociale omniprésente. L’usage des TIC en classe contribue-t-il réellement à augmenter les résultats de nos élèves? Si nous possédions cette certitude, les arguments fuseraient de toutes parts. Et que dire de l’impact des TIC sur la motivation et la persévérance des élèves? Les études démontrent ce lien, mais peut-on pousser le corollaire jusqu’à dire que la motivation émergeant de l’accès aux TIC est un facteur de réussite? Il faut trouver ces réponses!

L’aspect de la simultanéité m’a également étonnée, de voir tous ces gens construire le sens des conférences en collaboration, de voir des documents pertinents déposés sur twitter avant même que l’évènement soit achevé, ça prouve bien que tout va très vite et que ce n’est pas de sitôt que ce rythme effréné ralentira! J’ai adoré participer à l’exercice de back-chaneling, encore plus que l’an dernier.

J’ai donc fait un grand pas de plus cette année en raffinant ma réflexion et mon questionnement et en étant plus consciente des moyens de faire bouger les choses… Susciter la réflexion, amener les enseignants à se questionner sur ce qui motive les élèves, sur ce qui les fait davantage apprendre, sur les pratiques pédagogiques gagnantes, sur ce qui contribue à amener nos élèves à persévérer à l’école… De mon côté, je poursuis une réflexion de plus en plus métacognitive et je me pose des questions nouvelles à partir de mes prises de conscience… Bref, j’y vois de plus en plus CLAIR! ;-)

En d’autres mots :
· tenir le discours du nouveau rapport au savoir pour ébranler les certitudes et les réticents
· valoriser la technopédagogie
· continuer à se «cybermobiliser» pour offrir aux élèves (et aux enseignants!) la chance de créer, d’innover, de nous épater
· explorer, repenser, recréer les nombreuses possibilités d’utilisation de twitter en classe

Un bon plan de match?


Andrée Marcotte
Conseillère pédagogique en français à la Commission scolaire des Laurentides